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Les Archives du Bulletin de l'ACPPU, 1992-2016

mars 2007

Les universités canadiennes sont appelées à ne pas renouveler leurs contrats avec Coca-Cola

Les étudiants de tout le pays appellent les universités canadiennes à ne pas renouveler leurs contrats avec Coca-Cola. Ce mouvement de boycottage s’inscrit dans le cadre d’une campagne internationale destinée à dénoncer les pratiques répréhensibles de la société américaine en matière de droits humains, de travail et d’environnement dans des pays comme l’Inde et la Colombie.

Les organisateurs de la campagne citent des rapports établissant que des travailleurs et des dirigeants syndicaux employés chez Coca-Cola en Colombie ont subi les attaques de groupes paramilitaires. Depuis 1989, sept syndicalistes qui travaillaient dans des usines d’embouteillage de Coca-Cola en Colombie et un chef d’usine pro-syndicat ont été assassinés, et de nombreux autres employés auraient reçu des menaces de mort ou auraient été kidnappés et torturés.

En février dernier, les dirigeants syndicaux en poste à l’usine d’embouteillage de Coca-Cola à Bucaramanga, en Colombie, ont été prévenus par un groupe paramilitaire qu’ils seraient torturés et tués s’ils ne mettaient pas fin à leurs critiques contre la compagnie. Les dirigeants syndicaux avaient reçu des menaces du même genre en décembre 2006.

En Inde, les accusations s’additionnent contre Coca-Cola dont la consommation vorace de l’eau dans ses usines de mise en bouteilles assèche les nappes phréatiques locales et menace les communautés agricoles avoisinantes. Coca-Cola est également accusée de contaminer les ressources en eau et de distribuer comme engrais, aux paysans des alentours, des boues toxiques provenant des déchets de ses usines. Dans deux agglomérations indiennes, le gouvernement d’État a ordonné à la société de cesser de distribuer des déchets solides contenant du cadmium et du plomb aux agriculteurs installés à proximité de ses usines d’embouteillage.

Les étudiants réclament que la firme Coca-Cola admette s’être livrée aux abus présumés qui lui sont reprochés, qu’elle accepte que des tierces parties indépendantes enquêtent sur les allégations portées contre elle, qu’elle indemnise les personnes touchées et qu’elle adopte un code de déontologie applicable à l’échelle mondiale.

À l’Université de Waterloo, les étudiants espèrent convaincre les administrateurs de ne pas renouveler le contrat de l’établissement avec Coca-Cola, qui doit expirer l’été prochain.

« La campagne que nous menons est relativement récente », a déclaré Miriam Papps, étudiante
de troisième année en espagnol et membre de l’organisation Students Against Sweatshops à l’Université de Waterloo. « Nous visons avant tout à mieux faire connaître les faits au public et à démontrer que les préoccupations soulevées à cet égard sont légitimes. »

Reprenant une idée des étudiants de l’Université d’Ottawa, le groupe a apposé des traces de pas en papier sur le sol menant d’un distributeur automatique à un kiosque d’information du centre étudiant.

« Nous sollicitons également l’appui des professeurs qui voudraient ajouter leur voix à notre campagne », a ajouté Mme Papps.

À l’Université McMaster, l’organisation étudiante Campus Choice se mobilise pour tenter de convaincre les dirigeants de l’établissement de résilier un contrat de longue date, renouvelable en août prochain, qui confère à Coca-Cola un monopole sur le campus.

Les étudiants du Collège universitaire Kings ont organisé des manifestations, fait circuler des pétitions et généré une couverture médiatique locale pour faire pression sur les dirigeants de l’établissement afin qu’ils demandent à la société Aramark (le fournisseur de services alimentaires du collège) d’offrir d’autres marques de boissons gazeuses et de rafraîchissements. Les étudiants estiment que c’est là une première étape dans la bonne direction, mais le groupe anti-Coke déclare dans un communiqué que la campagne se poursuivra jusqu’à ce que le collège soit complètement débarrassé de tous les produits de Coca-Cola.

Les étudiants de l’Université de Guelph indiqueront bientôt par référendum s’ils veulent que l’établissement s’approvisionne auprès d’un « autre fournisseur de boissons gazeuses qui est respectueux de l’éthique ».

Une demande d’accès à l’information déposée par le journal étudiant Eyeopener à l’Université Ryerson a permis d’apprendre que Coca-Cola verse à cette dernière 765 000 $ pour empêcher la vente des produits de son concurrent Pepsi-Cola sur le campus. Le contrat d’exclusivité de cinq ans signé en 2004 aide ainsi l’établissement à rembourser sa dette de capital et à financer son programme de bourses académiques et sportives.

Les organisateurs de la campagne à Ryerson ont lancé une pétition exhortant la direction à réexaminer son entente avec Coca-Cola.

La société Coca-Cola a créé un site web de relations publiques (www.cokefacts.com) qui a pour objectif de réfuter les allégations de pratiques abusives en matière de travail, d’environnement et de droits humains.