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CAUT Bulletin Archives
1996-2016

November 2009

Le lot des étudiants : payer plus pour obtenir moins

[photo: Digital Vision]
[photo: Digital Vision]
Les universités canadiennes enre­gistrent une hausse de leur population étudiante attribuable au ra­lentissement économique en même temps que le gouvernement sabre dans le financement de l’éducation postsecondaire et que les droits de scolarité continuent de grimper.

D’après les données publiées par l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC), quelque 38 000 étudiants de plus se sont in­scrits à temps plein dans les univer­sités par rapport à l’an dernier, soit 29 000 au premier cycle et 9 000 aux cycles supérieurs.

Il s’agit, selon l’AUCC, de la plus importante hausse constatée dans le secteur postsecondaire depuis 2003.

Mais pour le directeur général de l’ACPPU, James Turk, il n’est pas surprenant que de plus en plus de gens décident de poursuivre des études postsecondaires alors que l’économie se trouve dans une telle tourmente et que les possibilités d’emplois se font rares.

« Il est tout à fait décevant que le gouvernement ne reconnaisse pas le besoin d’accroître les transferts aux provinces destinés à l’éducation postsecondaire afin de veiller à ce que les étudiants bénéficient d’un enseignement de qualité au lieu de subir des cours, entassés dans des amphithéâtres déjà surchargés », observe-t-il.

L’ACPPU a demandé au gouvernement d’augmenter de 400 millions de dollars dans le prochain budget le montant alloué aux transferts de fonds destinés à l’enseignement postsecondaire ainsi que d’accroître cette enveloppe et de la maintenir à 0,5 % du PIB pendant les trois prochaines années.

L’association insiste également sur la nécessité de rendre les études postsecondaires plus accessibles et d’élargir le Programme canadien de subventions aux étudiants afin d’offrir une aide accrue aux jeunes des familles à faible revenu et toute l’assistance financière nécessaire à l’ensemble des étudiants autochtones admissibles.

« L’éducation est indéniablement essentielle à la reprise économique, mais encore faut-il qu’elle soit accessible », fait valoir M. Turk.

« Les droits de scolarité des étudiants de premier cycle à temps plein ont augmenté de 3,6 % en moyenne pour une deuxième année consécutive », explique-t-il.

« Les étudiants doivent acquitter des droits de scolarité de plus en plus élevés et le gouvernement, s’il sem­ble considérer l’éducation comme l’un des piliers de la croissance économique, ne reconnaît pas l’urgence d’intervenir et de faire de la qualité et de l’accessibilité des priorités nationales. La relance de l’économie ne doit pas passer par un alourdissement de la dette étudiante. »