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Les Archives du Bulletin de l'ACPPU, 1992-2016

avril 2008

Un comité d'enquête conclut au harcèlement

L'oncologue Cathy Popadiuk a été harcelée par ses supérieurs et marginalisée au sein de son département, et a vu sa liberté académique menacée, a conclu un comité d'enquête indépendant. [Photo : Réimprimée avec permission du Telegram]
L'oncologue Cathy Popadiuk a été harcelée par ses supérieurs et marginalisée au sein de son département, et a vu sa liberté académique menacée, a conclu un comité d'enquête indépendant. [Photo : Réimprimée avec permission du Telegram]
La docteure Cathy Popadiuk, professeure de médecine à l’Université Memorial de Terre-Neuve (MUN) et oncologue gynécologue au Centre de traitement du cancer H. Bliss Murphy de St. John’s, a été l’objet, pendant des années, d’un harcèlement systématique de la part de ses employeurs et de ses collègues. Telle est la conclusion à laquelle est arrivé un comité indépendant chargé de faire la lumière sur cette affaire.

Dans son rapport rendu public le 26 mars, le comité laisse également entendre que le cas de la professeure ne serait peut-être pas isolé au sein de la faculté de médecine. « La docteure Popadiuk a été soumise à des actes de harcèlement qui se sont poursuivis pendant des années : elle a été plongée dans un environnement hostile, intimidant... nous avons entendu les témoignages d’autres personnes qui nous ont décrit des situations où elles ont été margina­lisées, traitées de manière irres­pectueuse, menacées de perdre leur source de revenus et où elles ont vu leur autorité sapée, voire sabotée, par leurs supérieurs. »

Le comité indépendant d’enquête, créé par l’ACPPU en novembre 2004, était formé de trois membres : Albert Katz, professeur et chaire du département de psychologie à l’Université de Western Ontario, Lori West, professeure de pédiatrie, chirurgie et immunologie à l’Université de l’Alberta et Philippe DeWals, directeur du département de médecine sociale et préventive à l’Université Laval.

Le personnel administratif de l’Université Memorial et celui de la Eastern Health Corporation — la régie régionale de la santé qui exploite le centre de traitement du cancer où travaille la docteure Popadiuk — ont refusé de collabo­rer aux travaux de l’enquête, et certaines personnes n’ont accepté de parler aux membres du comité que sous le couvert de l’anonymat.

Selon le rapport, la controverse a été lancée en 2002 lorsque le docteur Gavin Stuart — alors chef du département d’oncologie de l’Université de Calgary et maintenant doyen de la faculté de médecine de l’Université de la Colombie-Britannique — a fait des observations aux supérieurs de la docteure Popadiuk alors qu’il consultait un patient qui était traité à St. John’s.

La succession d’événements qui ont suivi ont marginalisé de plus en plus la docteure, qui jusqu’alors était considérée comme une « collègue productive et active tant dans ses tâches d’enseignement que dans ses travaux de recherche ».

Le traitement injuste et inaccep­table qui lui a été réservé a contribué à rendre « l’environnement de travail glacial et inconfortable, marqué par le harcèlement ».

Les membres du comité d’enquête recommandent entre autres dans leur rapport que les employeurs de la professeure Popadiuk lui adresse des excuses et qu’ils mettent en place des politiques de lutte contre le harcèlement et des procédures de règlement des différends.

« Nous demandons aux diri­geants de l’Université Memorial et de la Eastern Health de tenir compte des recommandations du comité », a déclaré le directeur général de l’ACPPU, James Turk.

« Si, par l’élaboration et l’application de politiques qui garantissent le respect des principes d’équité et de justice naturelle dans le règlement des différends, l’université et la régie de la santé peuvent faire en sorte d’éviter que ce type de situation ne puisse se reproduire, toutes les parties en seront gagnantes. »

La docteure Popadiuk occupe toujours son poste à l’Université Memorial et à la Eastern Health.

Le rapport de 69 pages publié par le comité est disponible (en anglais seulement) à l’adresse http://www.popadiukinquiry.ca/.